Sans camp mais pas sans conscience
Je n'ai jamais réussi à prendre parti. C'est un fait. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé.
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| Illustration de la French Pipelette ( moi 😉) |
Etudiante en histoire, Passionnée de journalisme et de géopolitique, l'exercice devenait encore plus délicat. Jeune adulte, on me reprochait de ne pas avoir de caractère, d'être " trop " gentille, de ne pas entrer dans les conflits avec plus de passion et de convictions. Et pourtant, des points de vue, j'en avais …
Pendant longtemps, cela m'a pesé. Je me croyais tiède, dans l'incapacité de trancher, de prendre position.
Je ne vous apprends rien en vous disant que le monde est chaotique, anxiogène, violent. On nous somme d'avoir un avis sur tout, TOUT DE SUITE. On vous oblige à choisir votre camp. MAINTENANT.
Sportifs, artistes, influenceurs …tout le monde est ordonné de s'exprimer sous peine d' être cloué au pilori médiatique et numérique …
Inlassablement, une question me revient. Si je fais le choix de soutenir un pays, un peuple, un combat, un parti politique - ou que sais-je encore - ne suis-je pas en train de fermer la portes aux arguments de l'autre ? De minimiser ses souffrances ? Comment choisir son camp lorsque les deux parties semblent aussi irresponsables l'une que l'autre ?
J'ai alors cherché des réponses dans les livres, la littérature, la philosophie. Et récemment, je suis tombée sur un article qui m'a fait un bien fou. Un étudiant en sciences politique de Montréal venait d'allumer une petite lumière.
Il écrivait notamment :
" Si nous voulons réellement soutenir un peuple ou l’autre, notre premier devoir est de chercher à comprendre la situation et de réfléchir à des solutions afin de bâtir un avenir meilleur, dans lequel on pourra éviter des massacres.
Cet avenir nécessite plus de courage à imaginer qu’il en faut pour réagir à ceux qui se déchaînent à coups de messages haineux dans les rues ou sur les réseaux sociaux. Dans une guerre où la seule victoire envisageable consiste en un massacre mutuel, il n’y a pas de possibilité d’issue dont les deux peuples pourraient se réjouir.
Prendre parti, ce ne serait pas honorer la justice. Rien ne nous oblige de nous ranger dans l’un des camps."
En temps de guerre, rien n’oblige de choisir un camp | Le Devoir
Ces quelque mots m'ont insufflé un souffle d'espoir. Agir sans nourrir la polarisation, travailler pour la paix sans entrer dans la logique des camps, c'est possible !
Et ça peut commencer simplement, là où l’on vit. Saluer ses voisins, écouter leurs histoires, retenir les prénoms, favoriser des rencontres entre générations et cultures différentes. Participer à des cafés citoyens, des cercles de parole ou des ateliers où chacun peut partager son point de vue sans craindre de jugement. Ou encore, imaginer ensemble des projets concrets : un jardin partagé, un réseau d’entraide de quartier, une action solidaire locale…
On peut aussi agir à travers l'art, la culture, l’éducation. Écrire, créer, photographier, composer, raconter l’humain plutôt que l’idéologie.
Ces quelques idées semblent démontrer qu'il est possible de ne pas céder à une vision manichéenne du monde et que l'on peut agir au pied de son immeuble.
À l’heure des camps, ne pas se positionner n’est peut-être pas une faiblesse, mais une force.
Les guerres continueront sans nous. Mais leurs échos n’ont pas à s’installer en nous.
💓
Merci d'avoir pris le temps de lire jusqu'au bout cette chronique. N'hésitez pas à réagir en commentaire ici ou sur Instagram @lafrenchpipelette.
Je vous embrasse
Julie de la French Pipelette


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