Ode au jardin

On est quand même bien au jardin.
Il y fait toujours bon. Toujours doux. 
On ne peut pas s'engueuler au jardin.
On est jamais seuls au jardin. 
Toute la Création s'est donnée rendez- vous au jardin.
Quand j' y suis, je contemple Dieu. Il est partout. 
Bourgeon, bourdon, bergeronnette, pâquerette et lilas. 








Il me rappelle mon enfance, mes premiers émois, mes premières aventures. 
Je grimpais dans le prunus d'à côté de chez moi et par magie, je n'étais plus ici mais dans une contrée lointaine, où trésors et pirates me côtoyaient. J'étais une fée. J'étais le vent.

Je rêvais les pieds dans l'herbe tendre, j' apprivoisais les mouches, les coccinelles, les escargots. J'avais même tenté de faire d'un morceau de lichen mon nouvel ami. Je n'étais pas désespérée, ni seule, non. J'étais simplement  tombée amoureuse. Folle amoureuse de mère nature.
J'aimais me cacher entre les branches du pin, jouer à cache cache avec le chat du voisin.
Je creusais, creusais la tourbe fraîche pour arriver de l'autre côté de la Terre. 

Au jardin, on s' y sent bien. Il nous régénère, nous apaise. 
Il est épargné par les bruits du monde, il prend son temps, il va lentement le jardin.
Personne ne le presse pour pousser plus vite, plus haut. On ne lui demande pas d'être un autre. Jardin du village ne se prend pas pour Jardin de Versailles. Jardinet des écoliers n'a pas la prétention de celui de Monet. 
Tout est à sa place. Dans la paix et la tranquillité. 

Dieu que c'est bon d'être dehors. Les pieds sur le sol et la tête baignée dans le bleu du ciel.

Y a pas à dire, on est quand même bien au jardin.


Petit texte écrit assise dans l'herbe par un beau samedi de mars. 




























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