Chronique d'une débutante en tricot
Le tricot m'a toujours fait de l'œil. Enfant, maman m'avait appris à tricoter le point mousse. J'adorais enchaîner les mailles le mercredi après-midi devant le Club Dorothée.
Avec le temps, j'ai eu envie de renouer avec cette madeleine de Proust si réconfortante !
Problème, personne dans mon entourage pour me remettre sur les rails du tricot. C'était sans compter sur une p'tite fée prénommée Émilie ( la femme d'un cafetier de mon quartier) qui, après lui avoir parlé de mon irrésistible envie de tricoter, me proposa gentiment de m'apprendre les bases.
Excitation au MAX. En deux temps, trois mouvements, j'avais acheté le kit de la parfaite petite apprentie : laine, aiguilles circulaires, compte-tour, aguille à laine, petit ciseau.
Et c'est ainsi que, durant les vacances d'hiver, nous nous sommes retrouvées au p'tit coffee, blotties dans des fauteuils moelleux, à tricoter des mailles endroit, des mailles envers, des augmentations, des diminutions.
Mon premier accessoire tricoté fut un foulard Montmartre rouge en laine acrylique DMC (avec quelques petits trous et deux pointes différentes), mais c'était le mien. Je l'avais fabriqué de mes propres mains, et cela me remplit de fierté et de bonheur.
Depuis, je n'ai pas lâché mes pelotes. Elles sont devenues mes complices, m'apportant sérénité et repoussant, telles des boucliers, mes angoisses, mes pensées envahissantes, mes peurs.
Je ne peux que trop vous conseiller de lire les nombreux articles vantant les bienfaits du tricot sur le cerveau, notre mémoire, notre concentration, le stress, l'estime de soi... Je vous mets juste en dessous un article qui résume très bien ses pouvoirs magiques :
Tricot : tous ses bienfaits sur notre santé validés par la science - Mohair de la Ferme d'Auré
Je tricote le matin après le petit-déjeuner, l'après-midi avec un bon thé chaud et un livre audio, le soir devant ma série d'espionnage. Je tricote en voiture lors de longs trajets, devant la cheminée avec papa. Tricoter, c'est la liberté.
Pour terminer, j'aimerais vous dire que tricoter est une manière de me rebeller et de dire au monde mon refus de suivre le rythme effréné qu'impose cette société. Nous sommes entrés dans l'ère du tout connecté, de l'hyperproductivité, de l'opulence de nourriture, de vêtements, d'informations. Ça déborde de partout.
Et il faut aller vite, tout le temps. Mais après quoi courons nous ?
Les gens n'ont jamais été autant sur les réseaux "sociaux", mais ne se sont jamais sentis aussi seuls et aussi malheureux.
Le monde perd de sa saveur et de ses couleurs. Tout devient gris, fade : les couleurs des voitures, les vêtements, les façades des maisons...
Avec le tricot, je fais ma révolution pacifique. Je décroche de mon téléphone, des écrans, des notifications. Je prends le temps de faire, de défaire et de refaire. Cela me connecte à vous, en partageant ma nouvelle passion. J'en parle à mes collègues, mes amis. Je tisse de nouveaux liens.
Venez avec moi et rejoignez le mouvement des tricoteuses révolutionnaires (messieurs, vous êtes les bienvenus). Trouvez la mercerie de votre quartier et poussez la porte. Ne soyez pas timide. Demandez conseil, dites que vous n'y connaissez rien, juste que vous avez envie de commencer le tricot. Choisissez vos aiguilles, la pelote qui vous inspire, celle qui va vous donner le sourire, qui va adoucir votre vie. Trouvez vous aussi votre bonne fée ou piochez sur YouTube des tutos faciles et laissez-vous porter par le fil.
J'espère que cette nouvelle chronique vous plaira. N'hésitez pas à venir me faire un coucou sur mon Instagram @lafrenchpipelette.
Je vous embrasse
Julie, la French Pipelette





Oh génial ton article Julie, cela m'a donner envie de faire du tricot. Merci de me permettre de m'évader à travers ton monde.
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