Histoire du soir : " Le contrôle d'histoire"
Chères lectrices, chers lecteurs, chers petits et grands,
Bienvenue dans mon petit monde imaginaire. J'y dépose des histoires. Mes personnages, mes aventures ne demandent qu' à faire votre connaissance ! Faites vous plaisir, lisez et dites moi si vous aimez.
Une petite chose avant de commencer, je dis toujours une formule magique avant de lire une histoire, récitons la ensemble vous le voulez bien ?
C'est parti : " Silence, silence, la queue du chat balance et mon histoire commence. J'ouvre grand mes oreilles, grand mes yeux. La magie de l'histoire peut s'activer. "
Chapitre 1
Moi, c’est Julie. A l’école, mes copines m’appellent Juju. J’aime bien, je trouve ça plus cool.
Je suis en cm1 et jusque là tout allait bien. J’ai toujours eu des résultats scolaires plutôt bons, avec des B et des TB dans la marge de mon cahier ,des stickers SUPER et des petites cartes bons points que je range précieusement dans ma boite à Bons Points. C’ est une boite à fromages Vache qui Rit.
Mon instituteur, Monsieur Marc est gentil. Il aime bien se pencher au- dessus de mon épaule pendant les dictées. Il dit que j’ai une jolie écriture et que, si je continue ainsi , moi aussi je deviendrai maîtresse.
Cela me fait toujours très plaisir sauf quand Tony se met à faire son intéressant et à me traiter de chouchoute. Comme dirait maman, ça me met les nerfs en pelote.
Mais mise à part cette andouille de Tony, l’école, bah c’est plutôt chouette.
Mais ça, c’était avant la méga grosse catastrophe, avant mon méga trou de mémoire : j’ai oublié d’apprendre ma leçon pour le contrôle sur les Gaulois.
Je ne sais plus très bien si j’ai oublié ou si j’étais trop occupée à jouer avec mon voisin Anael. Il est passionné par les extraterrestres et il me semble que ce fameux dimanche où je devais réviser, nous avons eu une mission top secrète de recherches d’aliens dans son grenier …
Toujours est- il que, le lundi suivant, en arrivant à l’école à 8h30 , le professeur nous a demandé de séparer les tables et de sortir un stylo. Ce fichu contrôle est revenu dans ma mémoire : VERCINGETORIX , ALESIA, LES GAULOIS , HORREUR, MALHEUR !
Face à mon interrogation, je me suis mise à pleurer comme une Madeleine, une grosse Madeleine.
Stéphanie, ma meilleure copine a fait les gros yeux en me voyant me transformer en fontaine humaine. Et à part me tendre un mouchoir usagé rempli de crottes de nez, elle n’a rien pu faire pour me calmer.
Trente minutes plus tard, les copies étaient ramassées, rangées dans le tiroir de mon professeur et moi, je n’avais pas écrit la moindre ligne.
Un méga 0, la tête à toto, voilà ce qui m’attendait.
A la récré, Stéphanie et moi avons tenté de faire un plan pour récupérer la copie en douce. Puis, nous avons eu l’idée de faire disparaître l’intégralité des devoirs. Pour finir, on a même pensé à kidnapper le maître pour qu’il ne puisse jamais les corriger …
Mais on a vite laissé tomber car Monsieur Marc, on l’aime bien et il nous donne souvent des BN, des gâteaux avec un grand sourire en chocolat …De retour en classe, aucun stratagème n’avait été trouvé pour me sauver.
Chapitre 2
Après avoir passé ma journée avec le moral dans les chaussettes ( j’aime bien cette expression ), le contrôle du matin s’est éloigné petit à petit de mon esprit.
Les jours se sont écoulés assez vite et j’ai été heureuse que le week-end arrive. Mes parents avaient promis de m’emmener au château du Haut Koenigsbourg. C’est un château très ancien en Alsace. Maman m’a dit qu’ on visiterait les grandes tours et que j’aurais même droit à un petit souvenir.
Mais revenons d'abord à ce fameux vendredi après midi. Durant la séance de sport avec Jacques, notre animateur, le maître était resté dans la classe pour corriger nos cahiers du jour.
Vous devez sûrement vous en douter, étant donné que je n’ai pas kidnappé mon professeur et que je ne l’ai pas enfermé dans le placard à balai, il avait également eu le temps de corriger et de rendre les copies d'histoire. Et parmi elles, se trouvait ma copie d’histoire … Avec un énorme 0 écrit en rouge sang et souligné deux fois. Deux fois !
Comment annoncer cette horrible note à mes parents ? J’ étais persuadée de redoubler mon cm1 et que JAMAIS, au GRAND JAMAIS, je ne serai maîtresse d’école. Ça, c’est Tony qui me l’a dit en sortant de l’école … Qu’est ce qu’il m’énerve celui là. C’est lui qu’on devrait enlever et enfermer dans le placard à balai.
Après avoir songé à fuguer sur la planète Mars, habiter chez Stéphanie, me faire enlever par une soucoupe volante, j’ai fini par rentrer à la maison.
J’ai tenté de me rassurer en me disant que nous n’étions que vendredi soir et j’avais donc deux jours pour élaborer un nouveau plan : comment faire signer mon devoir à papa et maman ? Comment ne pas me faire punir et partir visiter le château ?
Arrivée à la maison, j’ai fait comme Titeuf, dans le dessin animé, j’ai joué la comédie. Tout en préparant du chocolat chaud, maman m’a demandée comment s’était passé l’école.
— Au top maman ! A merveille ! Tout roule, Raoul !
J’ai bien vu à son regard qu’elle me trouvait étrange mais elle a continué de bavarder avec moi et à me préparer de délicieuses tartines de beurre et de Nesquik saupoudré par dessus ( est- ce que votre maman fait ça aussi ?).
Le goûter m’a réconforté, il ne m’a pas fallu longtemps pour m’endormir devant la télé, Mister Doudou blotti conte moi. Toutes ces émotions m’avaient clairement épuisées.
Ce qui est complètement fou dans cette histoire, c’est que je dois avoir un don. Le don de vite oublier les mauvaises choses. Les mauvais souvenirs. J’oublie tout très vite ! Mes copines diraient sûrement que c’est un super pouvoir, que ça évite de se faire du mauvais sang. D’ailleurs, Agathe la première de la classe m’ a expliquée que lorsqu’on se faisait du souci, notre sang devenait tout noir, et que c’est pour cela que l’on disait « se faire du mauvais sang ». Je me demande si c’est vrai …
En attendant, une fois de plus, je ne me suis pas fait de « mauvais sang » très longtemps. Après avoir dormi comme un bébé, ma vie a repris son cour normal.
Le week-end se passa à merveille ! Nous avons visité le château, j’ai bu du jus de raisin, dansé avec des princesses, chanté avec des troubadours, visité les douves, les tours … Papa m’a acheté une glace à la vanille et une peluche dragon qui crache du faux feu.
A 20h30, après mon bain, maman m’ a couchée et elle m’a fait un très gros câlin tout fort. Elle m'a dit qu’elle était fière d’avoir une petite fille si drôle et si gentille …
Au lieu de me remplir de joie, cela me laissa un goût étrange dans la bouche, une sensation amère, comme si j’avais mangé une endive avec des choux de Bruxelles. Pourquoi je me sentais si coupable …
Quand soudain, tout me revint en tête … LE CONTRÔLE D’HISTOIRE ! Encore lui !
Sans réfléchir, j’ai bondi de mon lit, pris l'interro, un stylo quatre couleurs, un post-it et j'ai écrit dessus : " JE SUIS DÉSOLÉE, PARDON, JE VOUS AIME. VOTRE PETITE FILLE CHÉRIE ADORÉE QUE VOUS AIMEZ PLUS FORT QUE LA GALAXIE . "
J’ai descendu silencieusement les escaliers, direction la chambre de mes parents. Mon plan était le suivant : glisser la feuille dans leur lit, sous la couette pendant qu’ils regardaient la télévision.
Lorsqu’ils la découvrirait, ils n’auraient pas d’autres choix que de la signer. Ils ne pourraient pas venir me gronder. J’étais censée dormir depuis des heures …
Une fois ma mission top secrète terminée, le cœur battant, je suis remontée dans ma chambre et je me suis cachée sous les draps. Si seulement ma couette pouvait me faire disparaître, comme la cape d’invisibilité dans Harry Potter. J’étais en PANIQUE et j’avais honte. Honte de ne pas avoir osé en parler à mes parents. Mes jambes tremblaient comme un Flamby dans une assiette.
Chapitre 3
Après une nuit agitée, à faire d’ étranges cauchemars peuplés de trolls poilus, j’ai ouvert les yeux avant la sonnerie du réveil.
Immédiatement, les souvenirs de la veille sont remontés à la surface : la mission secrète, le contrôle, le post-it …
J’étais pourtant réveillée mais d’autres cauchemars ( cette fois- ci bien réels ) avaient décidé de me hanter.
Après un bon quart d’heure à me triturer le cerveau, je me suis levée. J’ai repensé à une technique de super-héros apprise au cours de karaté l’an passé. Ils appellent ça l’auto- persuasion. Il faut se répéter plein de fois dans sa tête qu’on est fort, qu’on est puissant, qu’on va gagner, etc …
Alors c’est ce que j’ai fait, j’ai récité sans m’arrêter « Juju, sois forte, n’ai pas peur, n’ai pas peur, n’ai pas peuuuuur … ».
J’ai enfilé mon peignoir, pris Mister Doudou sous le bras. Direction la cuisine, retrouver mes parents.
Assis autour de la table ronde, papa et maman buvaient leur café encore fumant. En me voyant arrivée, ils se sont regardés avec un petit sourire en coin. Puis, papa a froncé les sourcils et maman a mis ses mains sur les haches, l'air soudain fâchée.
— Viens ici, jeune fille, a dit papa. Tu as mauvaise mine, mal dormi ?
— Oui, ai-je répondu timidement. J’ai TRÈS mal dormi. J’ai rêvé de trolls affreux qui cherchaient à m’emmener dans une sombre forêt remplie de monstres à quatre têtes ...
— Ne serais- tu pas préoccupée par quelque chose ma chère petite fille adorée …
— … Que nous aimons plus fort que la galaxie ? a rajouté papa. Tu sais, on dit que les cauchemars viennent lorsque notre esprit n’est pas tranquille, lorsqu’ on s‘inquiète pour des choses qui …
A ce moment précis, j’ai d’abord cru qu’un épais brouillard avait envahi toute la pièce sauf qu’en réalité, c’était mes larmes qui faisaient de la buée devant mes yeux. Je me suis assise sur la dernière marche des escaliers et j’ai sangloté. Comme un gros bébé.
Maman et papa se sont levés et m’ont enlacée tendrement. Maman m’a alors raconté qu’ils avaient trouvé mon devoir et qu’ils étaient fâchés. Pas à cause de ma note mais du fait que je n’avais pas été honnête.
— Tu sais Julie, ça arrive à tout le monde de ne pas réussir un devoir. Tu n’avais pas appris ta leçon le week-end dernier c’est ça ?
J’ai hoché de la tête en signe de réponse. J'ai aussi reniflé très fort.
— Ce n’est pas correct mais ce n’est pas la fin du monde. En revanche, ce qui nous dérange à ton père et moi, c’est que tu as caché ta note, tu as eu peur de nous en parler. Pourtant, nous sommes tes parents, nous t’aimons et nous pouvons comprendre ce genre de choses. Je te rappelle que nous avons été enfants avant toi !
— Et pour ta mauvais note, dit papa, ne te fais pas de souci. J’ai appelé ton instituteur ce matin , il est d’accord pour te donner une seconde chance. Tu repasseras le test lundi prochain. C’est d’accord ?
J’ai acquiescé d’un sourire.
— Mais attention, nous comptons sur toi, plus de cachotterie. A l'avenir, tu feras preuve d'honnêteté. C’est promis ?
La mare aux canards qui avait fini par se former à mes pieds à cause de mes larmes s’est estompée petit à petit. Le soleil du matin a pointé le bout de son nez par la fenêtre et mon cœur s’est senti de plus en plus léger. Au point que j’ai commencé à sourire, puis à rire, un fou rire m’a envahi. J’avais chaud, j’étais libérée de mon fardeau. Tchao les trolls, vilains monstres et pensées toutes noires. Le mensonge une fois dévoilé, m’avait délivré. C’était encore mieux que dans les contes de fée, encore mieux que le réveil de la Belle au Bois Dormant.
Depuis ce jour, je n’ai plus menti à mes parents. Je me suis rendue compte que c'était trop de problèmes de mentir. Trop de complications, de nœuds dans le cerveau. Et puis, ils avaient été si compréhensifs, si doux avec moi. Je leur devais au moins ça. Et puis, une promesse est une promesse, parole de Juju!
Seul mon voisin Anael n’ a visiblement pas été très content de ce joyeux dénouement. Bah oui, comprenez- le, j’ ai dû arrêté la chasse aux aliens le dimanche. Trop prenant niveau emploi du temps, surtout lorsqu’on a une interro qui nous attend.
FIN




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